L’Afrique doit-il couper le cordon ombilical avec la France ? Pour ma part oui car elle tarde à prendre son envol avec cette France-à-fric.
Quand
j’ai pris mon stylo pour écrire cet extrait douloureux, je me suis dit
intérieurement qu’extrait tu es difficile à écrire, avec cette question
susmentionnée qui n’a jusque-là pas eu satisfaction, à quoi s’attendent les
africains pour l’Afrique, d’une Afrique passée d’un passé atroce à une Afrique
fallacieusement libre ? Ici le mot libre n’est qu’un mot vidé de sens donc
la souveraineté de l’Afrique est complétement fallacieuse.
Les
africains n’ont pas encore compris cette équation littéraire Mandelanienne qui
dit je cite : « Quand vous vous-êtes trop battu pour vous
relever si haut, ne partez plus vers celui qui vous a fait tomber si
bas ». Voilà des propos qui se rapprochent à cette soit disant relation entre l’Afrique
et la France.
L’HOMOPHONIE,
Françafrique ou France-à-fric ?
L’expression
« françafrique » est utilisée pour qualifier l’action néocoloniale
prêtée à la France en Afrique. Cette action bénéficie de l’ensemble des
relations personnelles et des mécanismes politiques, économiques et militaires
qui lient la France à ses anciennes colonies africaines, ainsi qu’à un certain
nombre d’autres pays africains.
Ces
réseaux d’influences sont particulièrement actifs dans les anciennes colonies
françaises, mais aussi dans d’autres pays francophones ou non-francophones.
Le
terme « Françafrique » est utilisé régulièrement pour dénoncer la
politique étrangère de la France en Afrique, que les faits soient avérés ou
non : soutien supposé, apporté aux Hutus responsables du génocide Tutsi au
Rwanda en 1994, polémique sur l’aide accordée au régime algérien en lutte
contre le GIA ou au Président tunisien Ben Ali, Affaire Elf, interventions
militaires dans les pays en crise (côte d’ivoire, Mali, Centrafrique), etc…
Le
terme est désormais consacré du fait de sa reprise régulière par les médias
pour désigner globalement les relations particulières entre la France et ses
anciennes colonies africaines et mettre son avenir en débat.
•Eléments de définition
-Origine de l’expression :
L’expression
« France-Afrique » aurait été employée pour la première fois, en
1955, par le Président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, pour définir le souhait
d’un certain nombre de dirigeants africains de conserver des relations
privilégiées avec la France après l’accession de leur pays, anciennes colonies
françaises, à l’indépendance.
Le
néologisme Françafrique, qui a donc été utilisé pour la première fois avec une
connotation positive, a été repris et popularisé dans son sens actuel en 1998
par le livre la Françafrique, le plus long scandale de la République de
François-Xavier Verschave et par le travail de l’association Survie, dont
Verschave fut l’un des Présidents historiques jusqu’à sa mort, en 2005.
Dans
son ouvrage fondateur (complété par un second quelques années plus tard),
Verschave décrit un système caractérisé par des pratiques de soutien aux
dictatures, de coups d’Etats et d’assassinats politiques mais aussi de
détournements de fonds et de financement illégal de partis politiques (d’où
l’homophonie plusieurs fois soulignée par Verschave : France-Afrique,
France-à-fric).
Le
système de la ‘’Françafrique’’ présenterait, à des degrés divers selon les pays
concernés, les caractéristiques suivantes :
· Une politique étrangère
française avec les pays africains concernés qui ne relèveraient pas du
ministère des Affaires étrangères mais serait une politique discrétionnaire de
la Présidence, notamment à travers la cellule africaine de l’Elysée et, dans
une moindre mesure, le ministère de la coopération aujourd’hui disparu. Cette
politique serait en outre largement occulte.
· Une présence très importante de
fonctionnaires français ou plus tard d’attachés techniques (AT) dans les pays
africains concernés.
· Une ingérence dans les affaires
intérieures, le cas échéant militaire (défense ou renversement d’un
gouvernement).
· Des liens financiers occultes
entre le régime du pays et les partis politiques français. Ces liens financiers
vont plutôt dans le sens de la corruption des élites politiques françaises par
les classes dirigeantes africaines.
A ce
titre, plusieurs précisions doivent être apportées :
§ La principale difficulté est de cerner la spécificité de la
Françafrique par rapport à tout autre type de relations entre nation. Il semble
d’abord qu’on ne peut éventuellement parler de la Françafrique que lorsque tous
les éléments précédents sont réunis. En effet, par exemple, les rétro
commissions les plus importantes alimentent la classe française viennent des
pays du Golfe ou encore, il y a quelques années, de Taïwan. De même, le laxisme
des sociétés pétrolières quant à l’usage fait des royalties par les régimes
autoritaires locaux n’est malheureusement pas propre à une société comme Elf
autrefois. Or, tout condamnables qu’ils soient, ces relations ne rentrent pas
dans le cas d’un système, a fortiori du système que le terme Françafrique est
supposé désigner.
Le système de la Françafrique n’est pas un simple rapport de
domination de la France sur ces anciennes colonies. Il revêt des interactions
plus complexes, allant dans les deux sens, faite de culture partagée, de
connaissance mutuelle, parfois de connivence. Parfois, ce sont les régimes
autoritaires africains qui manieront la corruption et le chantage pour parvenir
à leur fin auprès des autorités françaises.
Cette
politique dont il dénonce la constance depuis les indépendances africaines des
années 1960, a pour but de défendre les intérêts français sur le plan
stratégique (bases militaires notamment) et économique (accès des
multinationales françaises aux ressources naturelles et stratégiques :
pétrole, uranium etc…)
•Historique et
évolution :
•La cellule africaine de l’Elysée :
Echappant
largement au ministère des Affaires étrangères, la politique africaine de la
France est depuis toujours élaborée à l’Elysée, ou plutôt à la cellule
africaine de l’Elysée (à la deuxième (2) rue de l’Elysée), ou le Président et
ses conseillers décident notamment de l’assistance calamiteuse et militaire à
apporter aux pays africains ou aux régimes qui les gouvernent.
La
cellule africaine est indissociable de son fondateur, Jacques Foccart, nommé
par le Général de Gaulle puis mentor ‘’africain’’ de Jacques Chirac (qui, au
début de son mandat, aurait admis l’avoir eu tous les jours au téléphone).
Entre
1986 et 1992, c’est le fils aîné de François Mitterrand, Jean-Christophe
Mitterrand, ancien journaliste à l’AFP en Afrique, qui occupe ce poste de
conseiller aux affaires africaines de l’Elysée, au cabinet de son Père, ce qui
lui a valu en Afrique le sobriquet (surnom) de « Papa m’a dit ».
La
« suppression » de cette cellule africaine par le Président Nicolas
Sarkozy (remplacée par un simple conseiller diplomatique Afrique) est toute
symbolique car, sous son mandat, le principal inspirateur de la politique
africaine de la France n’est autre que le secrétaire général de l’Elysée Claude
Guéant, un très proche du Président. La politique africaine de la France a
perduré sous une « forme décomplexée ».
Quant
à François Hollande, il ne réactive pas la Cellule africaine de l’Elysée, mais
il multiplie les contacts avec les chefs d’État africains et Emmanuel Macron
s’inscrit dans cette moribonde logique.
•Diplomatie occulte et intermédiaires officieux :
Le
réseau consulaire français est très dense en Afrique, bien qu’il soit dense
dans le monde entier en général (2ème réseau consulaire dans le
monde après les États-Unis).
Autour
des représentations diplomatiques officielles de la France en Afrique, gravitent
des acteurs qui se caractérisent par leur réseau de connaissances personnelles
où se côtoient dirigeants politiques, hommes d’affaires, agents de
renseignements, militaires ou mercenaires. Parmi ces intermédiaires qui
oscillent entre officiel et officieux, on peut citer le cas d’école de Maurice
Robert, ancien agent devenu directeur Afrique du SDECE (ancienne DGSE) il y
organisera nombreux cous de force, installant ou renversant les Chefs d’Etat
africains en fonction des intérêts de la France (il encadrera notamment
plusieurs interventions du fameux mercenaire Bob Denard), avant d’être recruté
directement chez Elf lorsqu’il est mis à l’écart des services secrets de la
France en 1973. Enfin, en 1979 il est nommé, à la demande du Président Gabonais
Omar Bongo (qu’il a contribué grandement à l’installer au pouvoir), ambassadeur
de France au Gabon. Il sera remercié à l’arrivée au Pouvoir de François
Mitterrand en 1982 et terminera sa carrière chez Elf.
Parmi
les intermédiaires officieux les plus actifs de la Françafrique pendant le
mandat de Nicolas Sarkozy, on peut citer l’avocat franco-libanais Robert
Bourgi, proche de la famille Bongo et de nombreux autres chefs d’Etat africains
et conseillers officieux de Nicolas Sarkozy. De son propre aveu, il aurait joué
le rôle d’intermédiaire dans l’éviction du secrétaire d’Etat à la Coopération
Jean-Marie Bockel, dont la volonté affichée de rupture avec la Françafrique
avait déplu à un certain nombre de dictateurs historiques du Continent. Il a
également reconnu à demi-mot avoir obtenu le soutien de la France pour
l’élection d’Ali Bongo, fils de l’ancien Président Omar Bongo, à la tête du
Gabon en 2009, permettant ainsi la continuation d’un véritable règne dynastique
qui dure depuis plus de 40 ans dans ce pays. On peut également citer un autre
ami proche de Nicolas Sarkozy, connu notamment pour son action d’émissaire
officieux en Afrique, le député-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany.
•Aide au développement :
L’aide
française au développement en Afrique s’articule autour de deux
organismes : l’AFD, qui gère les financements d’Etat à Etat, et sa filiale
privée, la PROPARCO, qui finance le secteur privé des pays en développement.
Reste à savoir si cette aide est véritablement de l’aide ?
•Coopération militaire :
Des
accords de défense signés au moment des indépendances donnent le cadre de la
coopération militaire entre la France et divers pays africains pour des pays
qui notamment ont négocié l’obtention de l’indépendance avec la France. Ces
mêmes accords empiètent parfois largement sur le terrain économique dans leurs
annexes se sont souvent complétés par des accords spéciaux, tenus secrets.
Par
exemple, l’accord de défense entre les Gouvernements de la République
française, de la République de Côte D’ivoire, de la République du Dahomey et de
la République du Niger du 24 avril 1961, établit l’installation de forces
militaires françaises dans ces trois pays, leurs facilités de circulation et
d’utilisation des infrastructures et évoque des « Accords spéciaux »
aux termes desquels ces trois pays peuvent demander l’aide de la France en
matière de défense. La deuxième annexe de cet accord de défense, concernant les
« matières premières et produits stratégiques » (Hydrocarbures,
uranium, lithium…), stipule que ces mêmes pays, « pour les besoins de la
défense, réservent par priorité leur vente à la République française après
satisfaction des besoins de leurs consommation intérieure, et s’approvisionnent
par moitié auprès d’elle » et « lorsque les intérêts de la défense
l’exigent, elles limitent ou interdisent leur exploitation à destination
d’autres pays ».
En
2008, le Président Nicolas Sarkozy décide de fermer les bases françaises en
Afrique. Le 43e BIMA stationné à Port-Bouët, Abidjan est
dissous en 2009, la base aérienne 160 Dakar-Ouakam est fermée en 2011, les
forces françaises du Cap-Vert (FFCV) sont dissoutes et les éléments français au
Sénégal sont créés. Il reste alors deux bases militaires françaises dans des
pays africains (forces repositionnées) situées à Djibouti et Libreville en plus
de celles situées sur les territoires français de Mayotte et de la Réunion.
Néanmoins, la présence militaire française reste importante au Tchad (opération
Epervier) et en Côte D’ivoire (opération Licorne). La France apporte également
un soutien à la FOMUC en Centrafrique (opération Boali) et maintient un
contingent de 200 soldats à Bangui. La fermeture des bases ne modifie donc pas
l’effectif et le coût des forces présentes en Afrique.
De
plus, en 2011, le Président Français Nicolas Sarkozy engage la France dans
l’intervention militaire en Libye avec l’opération Harmattan, la suite tout le
monde le connaît. Même s’il a affirmé la volonté
« d’africaniser » les règlements des conflits internes au
continent, son successeur, le Président François Hollande s’est invité à deux
reprises dans des conflits africains, en Janvier 2013 lors de la guerre du Mali
(opération Serval) et en décembre 2013 dans la troisième guerre civile de la
Centrafrique (opération Sangaris).
Et
sous Emmanuel Macron la France a affichée sa véritable face à ciel ouvert
notamment son ingérence dans les affaires internes africaines bien que cela lui
a toujours été reprochée hors le Président Macron déclarait lors de son ascension
au Pouvoir qu’il ne fait pas et ne fera pas partir des générations qui viennent
dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire, une déclaration qui va à l’encontre de
ses actes notamment lorsqu’il s’est invité dans la crise postélectorale en
Guinée et en Côte d’Ivoire une ingérence qui a grincé les dents çà et là.
•Aspects
économiques :
La
France perd du terrain sur le plan économique : entre 2000 et 2011, les
parts de marché de la France dans une Afrique subsaharienne en forte croissance
ont chuté de 10,1 % à 4,7 %, tandis que la Chine s’y est imposée en une
vingtaine d’années comme leur principal partenaire économique avec une part de
marché passée de moins de 2 % en 1990 à plus de 16 % en 2011. Néanmoins, bien
que la France perde des parts de marché dans toutes les zones où elle était
fortement implantée pour des raisons historiques et qu’elle n’en gagne presque
pas ailleurs, cette baisse cache une très forte hausse des importations
françaises vers l’Afrique subsaharienne, ce qui signifie que la France a d’ores
et déjà bénéficié de la croissance africaine, les exportations françaises vers
l’Afrique subsaharienne étant passées de 6,3 milliards de dollars en 1990, à
7,7 milliards en 2000 et à 17, 5 milliards en 2011.
L’objectif
du Président François Hollande était de doubler les échanges entre la France et
les pays africains et il misait sur le rapport sénatorial d’Hubert Védrine,
l’ancienne Ministre des Affaires Etrangères pour rétablir l’ordre de présence
de la France en Afrique, le Président Macron suit ses traces.
• Principales affaires politico-financières liées à la
Françafrique :
•« L’Affaire Elf »
L’entreprise
d’extraction et de distribution pétrolière Elf-Aquitaine a été impliquée dans
de nombreuses affaires médiatiques comme l’affaire des avions renifleurs au
début des années 1980. Ce que l’on nomme « l’affaire Elf » est une
vaste et longue affaire politico-financière qui a éclaté en 1994, à la suite
d’une enquête de la commission des opérations boursières (aujourd’hui AFM) sur
le financement de l’entreprise textile Bidermann par Elf entre 1989 et 1993.
L’instruction du Juge Eva Joly va rapidement mettre au jour un impressionnant
réseau de corruption, mettant en cause politiques et grands patrons. L’entreprise,
basée en France, est devenue au fil des fusions un géant du pétrole et aurait
bénéficié de la bienveillance de l’exécutif français qui considère
l’approvisionnement en pétrole comme un domaine stratégique.
• Affaires des biens mal
acquis :
« Les
biens mal acquis » sont le produit d’activités délictuelles ou criminelles
qui ont permis à des dirigeants un enrichissement illicite que leurs revenus ne
peuvent justifier. Ils sont le résultat de détournements de fonds, de vols ou
de transferts illicites d’argent public entre les comptes nationaux et leurs
comptes personnels, de la corruption et de l’octroi de rétro commissions. Les
auteurs des infractions utilisent souvent les mécanismes d’évaporation des
capitaux opaques, garante d’impunité, grâce notamment aux paradis fiscaux et
judiciaires et la complicité de pays développés.
Une
étude du comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD),
publiée en mars 2007, évalue entre 100 et 180 milliards de dollars les avoirs
détournés par des dirigeants au cours des dernières décennies. Ainsi Mobutu,
dirigeant du Zaïre de 1965 à 1997, avait une fortune personnelle estimée à sa
mort en 1997 entre 5 et 6 milliards de dollars, et a laissé à l’Etat une dette
publique de 13 milliards.
En
France, après les mobilisations des associations Survie et Sherpa soutenues par
des organisations de la Société civile congolaise et gabonaise, une plainte a
été déposée en décembre 2008 par l’ONG Transparency International. Elle visait
les conditions d’acquisition d’un important patrimoine immobilier et mobilier
en France par trois Chefs d’Etat, le défunt chef d’Etat gabonais Omar Bongo,
Denis Sassou Nguesso du Congo et Teodore Obiang de Guinée-Equatoriale, ainsi
que par certains de leurs proches. D’après l’ONG, le patrimoine immobilier de
ces trois chefs d’Etat en France s’élèverait à 160 millions d’euros. Le clan
Bongo possèderait à lui seul une trentaine de luxueux appartements ou
maisons.
Cette
plainte a été jugée irrecevable par la chambre d’instruction de la Cour d’Appel
de Paris, bloquant par-là l’enquête voulue par la doyenne des juges du pôle
financier de Paris, Françoise Desset, estimant que le plaignant n’avait
juridiquement pas d’intérêt à agir. Pour Transparency International, « il
n’y aucun doute sur le fait que ce patrimoine n’a pas pu être constitué grâce
aux seuls salaires et émoluments de ces chefs d’Etat au sujet desquels il
existe de sérieuses présomptions de détournements de fonds publics ».
•Rivalités étrangères en Afrique :
•Les États-Unis



