lundi 4 mai 2020

COVID-19 : CONAKRY A L’HEURE DU COUVRE-FEU



La propagation du Coronavirus prend une tournure drastique. Et le monde tente de se protéger comme il peut. Ainsi, des mesures sont prises dans l’espoir d’endiguer sa chaine de contamination. Des frontières se ferment, des Etats d’urgence et couvre-feu s’instaurent, des populations se confinent…

En Guinée, alors que le nombre de cas positifs s’élevait à 20, le président Alpha Condé décide d’instaurer le couvre-feu le 30 mars de 21 heures à 5 heures.


Depuis, comment se porte Conakry ?




Sous le couvre-feu, les habitudes des Conakrykas ont radicalement changé. Si leur train de vie était déjà difficile à mener, c’est une nouvelle couche qui s’est ainsi rajoutée. En effet, le couvre-feu a eu une incidence plutôt fâcheuse sur Conakry. L’anxiété s’est substituée au semblant de normal.

Les principales activités se sont estompées. « C’est comme si on ne revendait plus rien », m’a confié une dame dans le marché de Sonfonia. Dans le transport, l’impact se ressent par l’arrêt prématuré du trafic. Cela est dû, me dit un chauffeur de taxi, « à la peur que l’heure nous trouve dehors. Nous arrêtons alors très tôt pour nous mettre à l’abri. »De l’autre côté, chez les forces de l’ordre, un gendarme m’expliquait que le couvre-feu a doublé le rythme de leurs dispositifs nocturnes, notamment la patrouille. A tout cela, s’ajoute l’accentuation de la misère des familles dont la ration ne s’obtient que tard dans la nuit.


Bref, bien qu’ayant été instauré pour la bonne cause, le couvre-feu a tout de même asphyxié le quotidien de nombreuses familles de Conakry.

La question qui se pose, avec plus de 1500 cas positifs désormais en Guinée, ne sommes-nous pas plus proches de sa prolongation que de sa levée ?

L'insalubrité ou l'emblème de Conakry!


Chaque ville a une marque identitaire. Ainsi, à Paris sa Tour Eiffel, à Tokyo ses lumières, à Washington ses gratte-ciels, à Damas ses cendres, à Modica ses églises, à Sinaloa ses cartels... et donc, à Conakry ses ordures ou, si l'on préfère, ses montagnes d'ordures.
C'est toujours dur de  vivre dans un environnement malsain, hideux, sal... Or Conakry affiche justement ce panorama  urbain propre d'un bidonville englouti par une éternité de saletés. Ce qui étonne et indigne, c'est que c'est une capitale : la capitale du pays de la dignité; du pays des grands loquaces politiques. Oui, c'est la capitale guinéenne qui s'illustre ainsi dans le domaine de la souillure et de l'irresponsabilité hygiénique. Vous vous rappelez, c'était d'ailleurs la capitale mondiale du livre il y'a seulement trois ans.

L'insalubrité, c'est non seulement le caractère insalubre (donc de mauvaises conditions environnantes) d'un lieu, mais aussi et surtout l'échec notoire d'imposer la proprété comme vertu quotidienne. Le dire objectivement revient à dire que Conakry et ses habitants sont sales, très sales. Et ni les gouvernants, ni les gouvernés, ni le hasard, ni la nature n'arrivent à stopper le phénomène ou du moins à l'attendrir, depuis combien de temps déjà? Bon, inutile de chercher un début parce que notre capitale a toujours été sale. On l'a dit: c'est son emblème. Entre l'incapacité de tous les régimes que le pays a connus de trouver une formule juste résolvant le problème, et la petite dose d'incivisme chez les citoyens, Conakry continue à sécréter de saletés. C'est toujours cette carte postale barbouillée par les ordures qui est la sienne! Par jour, ce sont environ 1200 tonnes d'ordures que les 2 millions de Conakrykas produisent. Ces bordilles se retrouvent sans abri disséminés çà et là dans la ville du Général Mathurin Bangoura. S'il y en a, les dépotoirs sont loin d'être suffisants pour une telle crasse. Et puisque que la chaîne de la production d'ordures ne s'estompe jamais, ce sont les caniveaux déjà asphyxiés, les trottoirs, et même les artères qui se voient envahis à un rythme exponentiel. Ce qui laisse notre Conakry dans une puanteur grandissante et nuisible à la santé publique.

Sérieusement, pourquoi n'y arrive-ton pas? Pourquoi nos forces d'assainissement s'avèrent-elles inefficaces face aux armées d'ordures? Qu'est-ce qui explique l'échec, non pas d'un seul, mais de l'intégralité des régimes s'étant succédés ici à régler cette épineuse question de l'insalubrité? Ne serions-nous pas anallergiques à la saleté comme les autres l’en seraient allergiques?
Au vu du constat progressivement alarmant au fil des années, il est clair que nos initiatives dans cet aspect ont toujours été tactiquement inopportunes et techniquement folkloriques. La dernière en date fut, rappellez-vous, ces fameux premiers samedis d'assainissement qui ont plutôt servi à l'armada gouvernementale de mettre en marche sa machine propagandiste. Notre PM était le chef d'orchestre de ce concept "Conakry, ville propre" qui, comme toujours avec lui, n'aura jamais abouti.

Ce qui est clair, c'est que si la problématique de l'insalubrité est minimisée, c'est dire que la santé publique n'est pas une priorité gouvernementale, et donc, que le peuple n'est pas au centre des préoccupations étatiques. Ce qui serait absurde!
En attendant que nos dirigeants n'aient pitié de nous, il nous incombe d'être le  maximum civiques, responsables et soucieux en mettant les ordures... où d'ailleurs? Nulle part parce qu'il y'a pratiquement pas de poubelles encore moins de décharges organisées. La vérité est que je crains que les annales de l'histoire dans ses chapitres insolites ne se souviennent de l'incident de Dar es Salam pour désigner Conakry comme l'unique ville au monde où les ordures ont tué des citoyens.

Il faut que l'État se bouge enfin avant que les ordures ne continuent à infliger des torts durs.



LAHIDI PRESENTE SON RAPPORT GLOBAL SUR LES PROMESSE D'ALPHA CONDE

« 354 promesses ont été tenues par le chef de l'Etat à l’horizon 2020-2026. » C'est L'association des blogueurs de Guinée qui l...